Les mélanomes

En France il y a 15000 nouveaux cas de mélanomes par an, représentant environ 10% des cancers cutanés.
Il n’existe pratiquement pas de mélanome chez l’enfant et le risque apparaît après la puberté, cette tumeur pouvant survenir à n’importe quel âge ensuite, y compris très jeune (20 à 30 ans). C’est le cancer le plus fréquent entre 25 et 50 ans, premier cancer de la femme de moins de 30 ans.

Lorsque le mélanome est diagnostiqué tôt et pris en charge rapidement, la guérison est de 100%. En cas de retard diagnostic, il existe un risque de dissémination de la maladie sous forme de métastases (ganglions, poumons, foie, cerveau, os), pouvant être responsable de décès, parfois jeune.
Le traitement repose avant tout sur l’exérèse chirurgicale qui s’effectue en 2 temps. Le premier geste permet une analyse de la lésion, puis une 2e intervention assure une marge de sécurité définie par les critères de l’analyse.

À quoi ca ressemble ?

Le mélanome est la plupart du temps une lésion pigmentée (noire ou marron) ressemblant à un grain de beauté, mais qui n’est PAS un grain de beauté. Il existe plusieurs formes de mélanomes mais dans l’immense majorité des cas il prend la forme d’un “grain de beauté” qui apparaît et change d’aspect en quelques mois, devenant asymétrique, présentant des bords irréguliers et souvent plusieurs couleurs (noir, marron, rose…)  (règle ABCD E)

Beaucoup plus rarement il peut être non pigmenté (on parle alors de mélanome achromique) et très trompeur (nodule rosé ou grisâtre, aspect de grain de beauté saignotant sans traumatisme, “verrue bizarre”…)

Toute lésion cutanée de croissance rapide doit alerter.

Dans 80% des cas le mélanome survient de toute pièce, ce n’est pas un grain de beauté (naevus) qui se cancérise (20% seulement des mélanomes se forment sur un naevus pré-existant). 
Le risque de mélanome augmente surtout avec les antécédents de coup de soleil sévères, et pas ou peu avec l’exposition solaire chronique cumulée contrairement aux carcinomes. On les trouve ainsi préférentiellement sur le tronc chez l’homme et sur les cuisses-jambes chez la femme, mais en pratique un mélanome peut se situer sur n’importe quelle partie du corps. Les mélanomes du cuir chevelu et des extrémités restent toutefois rares.
La localisation sur le visage est possible, il s’agit alors le plus souvent d’un mélanome particulier, appelé mélanome de Dubreuilh, prenant l’aspect d’une tache brunâtre ressemblant à une “tache de vieillesse” qui s’étend et change lentement de couleur. Ce mélanome reste très longtemps superficiel sans risque de métastase, mais ses limites étant souvent très difficiles à définir, le risque d’exérèse incomplète et donc de récidive à distance est élevé. Ce mélanome est lié au cumul de soleil et non au coups de soleil, il survient donc plutôt chez le sujet plus âgé, surtout au delà de 70 ans.