Les facteurs de risques

Il s’agit avant tout de la conjonction de 3 facteurs qui s’ajoutent les uns aux autres :
  • la peau claire : blond à peau blanche, peu ou pas de capacité au bronzage ou très claire : roux à peau blanche, aucune capacité au bronzage
  • le soleil
  • l’âge
Les coups de soleil, surtout sévères, fréquents et pris jeunes (enfant et adolescence) déterminent un risque plus élevé de mélanome. La somme de soleil pris au cours de la vie (loisirs et sports de plein air et professions exposées au soleil) détermine le risque de carcinomes cutanés. Tout compte dans le cumul, les jeunes années comme les suivantes, ce que reflète le concept imagé de “capital soleil” grignoté au fil des années. Le risque de carcinome augmente donc avec l’âge et la quantité de soleil absorbée par la peau au cours de la vie. On distingue les facteurs de risque intrinsèques ou internes, sur lesquels on ne peut pas agir (constitutionnels,  génétiques) et les facteurs extrinsèques ou externes (environnementaux, comportementaux) que nous pouvons modifier. Comme on le verra ces facteurs peuvent êtres intriqués et dépendants.

Il s’agit avant tout de la peau claire, on parle de phototype clair

Le phototype définit la faculté d’adaptation aux Ultra-violets. Car le bronzage, avant d’être une tendance “fashion” et un critère esthétique, est avant tout une défense vis à vis de l’agression solaire, et une faculté d’adaptation de l’espèce humaine !

  • Les phototypes très clairs et clairs, roux avec taches de rousseur (phototype I) et blond aux yeux clairs (phototype II), ont une faculté de bronzage (et donc de protection contre le soleil) quasi-nulle, et ont ainsi un risque plus élevé de développer un carcinome et/ou un mélanome au cours de leur vie.
  • Les phototypes III (châtain à yeux clairs, bronzage léger) et IV (châtain à yeux marrons, bronzage moyen) développent un bronzage peu ou moyennement protecteur et ont donc un risque intermédiaire.
  • Les phototype V (peau mate, bronzage foncé) et VI (peau noire) sont moins exposés aux cancers cutanés car ils ont une bonne capacité à bronzer.

Prédispositions génétiques

Certaines anomalies génétiques augmentent le risque de mélanome, elles sont rares en France et concernent moins de 5% des mélanomes. Quelques unes de ces anomalies augmentent également le risque familial et personnel d’association mélanome et autres  cancers (pancréas ou rein principalement).

Les grains de beauté nombreux

La propension génétique à fabriquer ou non beaucoup de naevus (grains de beauté) rentre également en compte.
Le nombre élevé de grains de beauté de grande taille augmente le risque de développer un mélanome par 4 ou 5. Ce critère est significatif à partir de 50 naevus de taille > 5mm.
L’importance de la prise de soleil au cours des jeunes années conditionne également, en plus de la génétique, la survenue de grains de beauté au cours des 10 à 15 années suivantes. Plus l’enfant est exposé au soleil dans son jeune âge ou à l’adolescence, et plus il fabriquera des grains de beauté à l’âge adulte.

Il faut bien comprendre cependant que même chez ces patients, lorsqu’ils développent un mélanome, celui-ci apparaît en dehors d’un naevus pré-existant dans 80% des cas. Seulement 20% des mélanomes surviennent sur un naevus pré-existant, ce qui veut dire que la probabilité qu’un naevus dégénère au cours d’une vie est très faible, compte tenu du nombre élevé de naevus (souvent plusieurs dizaines) chez des millions de personnes ayant une espérance de vie de plusieurs décennies.
Par extrapolation, les chercheurs évaluent le risque de dégénérescence d’un naevus à 1/700 000 ! 
Pas de quoi stresser donc, et pas de quoi “psychoter” sur ses grains de beauté !

Cas particulier des nævus atypiques multiples

Il s’agit de patients présentant plusieurs dizaines de nævus irréguliers (aussi bien dans la forme que les bords et la couleur). Outre le fait que la détection d’un mélanome est beaucoup plus difficile sur ce type de peau (et encore plus l’autodépistage), ces peaux ont beaucoup plus de risque de développer des mélanomes, et ce risque est majeur en cas d’antécédent de mélanome dans la famille. Il s’agit donc de patients à haut risque qui nécessitent une surveillance dermatologique systématique régulière.

Certains médicaments

La prise de médicaments immunosuppresseurs (les traitements antirejet prescrit chez les patients greffés), et dans une moindre mesure certains médicaments prescrits dans les maladies auto-immunes (Imurel, biothérapies) peuvent augmenter le risque de cancers cutanés. Le risque est plus important lorsque ces médicaments sont pris depuis de nombreuses années.

Les naevus congénitaux

Le cas particulier du nævus congénital (présent à la naissance) doit être mis à part car le risque n’est significatif que lorsque le nævus congénital est de grande ou très grande taille (supérieur à la taille d’une paume de main). Le risque de voir apparaître un mélanome sur un tel nævus est de 7 à 10%. L’exérèse systématique de tout ou majeure partie du naevus congénital géant est en principe proposé très tôt à l’âge de quelques mois. Le risque de dégénérescence d’un naevus congénital de petite taille (inférieur à la taille d’une phalange de pouce) est négligeable. La décision d’exérèse systématique est discutée au cas par cas.

Le risque de développer un cancer de la peau est fortement lié aux antécédents d’expositions solaires. On le sait depuis plusieurs décennies maintenant, les UVB surtout mais également les UVA (en particulier pour le mélanome) sont carcinogènes pour la peau. Ils induisent des anomalies sur nos cellules souches de l’épiderme, anomalies qui heureusement sont en principe réparées régulièrement. Plus on a une peau claire, et plus les UV pénètrent la profondeur de notre peau et entrainent des altérations cellulaires. Nos systèmes de réparation cellulaires peuvent être mis en échec s’ils sont trop souvent et violemment sollicités et ils deviennent moins efficaces en vieillissant.

  • La prise de soleil chronique et cumulative (au fil des jours, des saisons et donc de l’âge) augmente le risque de carcinomes qui est lié à la somme de soleil reçue par la peau au cours de la vie. Les professions exerçant en plein air et les loisirs réguliers au soleil (sport, jardinage etc.) augmentent le risque de carcinomes cutanés.
  • Les prises de soleil intermittentes et intensives, surtout les coups de soleil, augmentent eux le risque de mélanome. Ce risque est d’autant plus important que les coups de soleils ont été répétés et débutés dans l’enfance et adolescence. (D’où l’intérêt de protéger les enfants contre les UV)
  • Les séances d’UV à visée esthétique augmentent le risque de mélanome à partir de 10 séances par an, pour un patient sans facteur de risque par ailleurs. Elles sont fortement déconseillées pour les patients à risque, et contre-indiquées en cas d’antécédent de cancer cutané.